
La 19ème biennale internationale de céramique de Châteauroux, organisée par les musées de la ville de Châteauroux et Châteauroux métropole, aura lieu du 8 juillet au 17 septembre 2017, au couvent des Cordeliers.
L’inauguration aura lieu le Vendredi 7 Juillet 2017, à 18 heures. Les Amis des Musées de Châteauroux y sont cordialement invités.

Présentation par Stéphanie Le Follic-Hadida, Commissaire scientifique de l’exposition:
La 19e Biennale internationale de céramique de Châteauroux interroge la place allouée à la céramique contemporaine dans l’art contemporain, à un moment où la sculpture contemporaine est elle-même en quête de repères et doute de sa capacité à être le genre fédérateur qu’elle fut jadis. Tandis qu’aucun ouvrage théorique ne vient étayer sérieusement une histoire (de l’art) de la céramique des XXe et XXIe siècles (même si quelques coups de boutoir, précieux et visionnaires, sont régulièrement exprimés sous la plume de Garth Clark ou de Yves Peltier), des interrogations majeures subsistent : suffit-il d’exposer de la céramique dans un lieu contemporain pour qu’elle devienne de l’art contemporain ? Suffit-il de nier le débat en décrétant qu’il s’agit d’art contemporain ? Les œuvres, souvent éloquentes, parviennent-elles à convaincre seules ou leur faut-il, au contraire, l’appui des mots, de l’analyse ou d’une justification historique ? Et si tel est le cas, faut-il que le propos soit céramicocéramique ou transversal ? Que penser de l’autoproclamation ? Enfin, les œuvres portent-elles des problématiques plastiques spécifiques et exclusives du fait même de leur matériau ?
Par son seul titre, Idem exprime l’enjeu de la 19e Biennale : montrer que si une frontière existe au sein des arts, cette frontière ne sépare pas la céramique de l’art, mais l’art du non-art. Prouver, en somme, que la valeur d’intentionnalité, que les caractéristiques techniques et les conditions de production peuvent être tout aussi déterminantes chez les peintres, les graveurs, les sculpteurs ou les photographes, que chez les céramistes. Prouver aussi que les quêtes plastiques peuvent être les mêmes. L’importance dévolue à la matière, au geste, à la tactilité n’est pas propre à la céramique. La contestation sociétale, la question existentielle, la question de la forme, de la couleur-lumière sont autant de sujets partagés par tous.
Aujourd’hui, les artistes sont de plus en plus polyvalents et ont soif de ces décloisonnements. Ils se retrouvent sur des veines historiques similaires, cultivent les mêmes influences, défrichent les mêmes terres et explorent les mêmes horizons. La 19e Biennale de Châteauroux prend donc le risque (calculé au vu de ce que le commissaire pressent ou analyse de l’œuvre de chacun) de faire travailler ensemble ou de réunir le travail d’artistes qui ne se connaissent pas. Des peintres, des photographes, des vidéastes, des performeurs… ont donc été invités à rejoindre des céramistes pour constituer des duos ou des trios. Les travaux sont parfois juxtaposés, le plus souvent ils surgissent d’une réflexion collective et spécifique.
Au-delà de la question du statut de la céramique contemporaine, c’est aussi la question du rôle du commissaire qui est posée. Le commissaire scientifique choisit ses artistes. Par son choix, il émet un jugement de valeur et propose des critères d’évaluation. Il est de sa responsabilité de lutter, ainsi que l’exprime clairement Catherine Millet, “contre le brouillage” ambiant (tendance à l’égalisation des productions, à l’attrait du nouveau, à la séduction du pseudo-subversif, etc.) et de justifier de sa position par l’exposition et le catalogue parallèlement édité. Les céramistes choisis pour exposer dans cette 19e Biennale proviennent d’horizons divers. Tous ne sont pas les produits de l’art contemporain. Certains se disent potiers, d’autres céramistes et d’autres encore artistes. Impossible donc, ici, de conforter le traditionnel hiatus entre artisans et artistes contemporains
Il s’agit donc d’une édition résolument expérimentale dont le but avoué est de sonder la force et la pertinence de certains rapprochements, tous médiums confondus. L’attention se focalise sur l’œuvre et la démarche de l’artiste. Le propos de l’exposition reste ouvert. Il n’entend pas être démonstratif à tout prix. Il entend soumettre des données objectives à la réflexion individuelle pour, peut-être, modifier la perception et pour, surtout, stimuler une forme de transversalité non pas esthétique mais plus fondamentale entre les arts. Le parti pris scénographique est celui du white cube (qui fit les riches heures de l’art contemporain des années 1990), par souci de commodité (pour isoler les groupes formés) et par souci de neutralité. L’exposition s’articulera autour de quatorze espaces à habiter de dimensions variables. Chaque espace accueillera une rencontre entre deux ou trois artistes travaillant des matériaux différents. Il présentera un tableau au sens théâtral du terme et incarnera le lieu d’un enjeu, d’une histoire particulière. Le visiteur devra pénétrer dans l’espace pour découvrir la teneur du dialogue. Le projet a pour ambition de donner à voir des identités plastiques fortes et potentialisées par la rencontre
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